Plafond d’amortissement d’un véhicule de tourisme : guide 2026

⚡ En bref

  • La part d’amortissement d’une voiture de tourisme qui dépasse un plafond fiscal fixé selon ses émissions de CO₂ n’est pas déductible.
  • Barème WLTP 2026 : 30 000 euros sous 20 g/km, 20 300 euros de 20 à moins de 50 g/km, 18 300 euros de 50 à 160 g/km, 9 900 euros au-delà de 160 g/km.
  • La fraction excédentaire reste en comptabilité mais est réintégrée au résultat fiscal (tableau 2058-A).
  • En location de plus de trois mois ou en crédit-bail, la part de loyer correspondante n’est pas déductible non plus.

Mis à jour le 1er octobre 2026

À première vue, une voiture achetée 42 000 euros semble coûter 42 000 euros à l’entreprise. Pourtant, son impact fiscal peut être bien différent. Marc, dirigeant d’une PME de 12 salariés, l’a découvert en transmettant la facture de son nouveau véhicule à son cabinet comptable : l’entreprise pouvait enregistrer le prix complet en comptabilité, mais une partie de l’amortissement ne serait pas déductible.

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La raison ? Le plafond d’amortissement d’un véhicule de tourisme dépend notamment de ses émissions de CO2, de sa date d’acquisition et de la norme d’homologation retenue. En 2026, le plafond fiscal atteint 30 000 euros pour certains véhicules émettant moins de 20 g/km, mais tombe à 9 900 euros dans la tranche la plus pénalisée. Ce décalage agit directement sur le résultat fiscal et le coût de détention.

Voici comment lire le barème, calculer la fraction non déductible et comparer un achat avec une location longue durée ou une formule d’abonnement.

Pourquoi le prix d’un véhicule ne correspond pas toujours à sa déduction fiscale #

L’entreprise comptabilise le véhicule pour son prix réel, taxes comprises lorsque les règles applicables le prévoient. Elle l’amortit ensuite sur sa durée d’utilisation, souvent cinq ans pour une voiture particulière. Cette dotation constitue une charge comptable.

Avant d’entrer dans le plafond propre aux voitures, Dougs Compta rappelle en vidéo comment l’amortissement allège le résultat imposable :

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La fiscalité raisonne autrement. Pour les voitures particulières, l’article 39 du Code général des impôts limite la part du prix dont l’amortissement peut réduire le résultat imposable. La fraction qui dépasse le plafond reste enregistrée en comptabilité, mais elle doit être réintégrée fiscalement.

On parle alors d’amortissement non déductible. Ce n’est pas une charge supprimée des comptes. C’est une charge comptable que l’entreprise ajoute à nouveau à son résultat fiscal. La nuance paraît technique, mais elle change le montant d’impôt sur les bénéfices.

Les plafonds 2026 selon les émissions de CO2 #

Pour les véhicules immatriculés selon la norme WLTP, acquis ou loués à compter de 2021, l’article 39, 4-a du Code général des impôts fixe les plafonds suivants, selon les émissions homologuées :

Émissions de CO2 Plafond d’amortissement déductible en 2026 Véhicules fréquemment concernés
Moins de 20 g/km 30 000 euros Électrique ou hydrogène
De 20 à moins de 50 g/km 20 300 euros Certains hybrides rechargeables
De 50 à 160 g/km 18 300 euros Thermique ou hybride selon l’homologation
Plus de 160 g/km 9 900 euros Véhicules fortement émetteurs

À retenir : le plafond ne représente pas le prix maximal d’achat. Une société peut acquérir une voiture à 42 000 euros, l’inscrire pour ce montant à l’actif, puis calculer la part fiscalement déductible sur une base limitée à 30 000 euros, 20 300 euros, 18 300 euros ou 9 900 euros selon le dossier.

Les seuils peuvent varier selon la date de première mise en circulation, la date d’acquisition ou de location et l’ancien régime d’homologation. Les seuils de 60, 130 ou 155 g/km relevaient de l’ancien barème NEDC : ils ne s’appliquent pas aux véhicules homologués WLTP. En cas de situation atypique, le tableau officiel de l’exercice concerné doit primer.

Comment déterminer le plafond applicable à votre voiture de société ? #

Commencez par la fiche technique, pas par la brochure commerciale. Relevez le taux d’émission officiel indiqué sur le certificat d’immatriculation, le certificat de conformité ou le dossier constructeur. Vérifiez ensuite la date de première mise en circulation et la date à laquelle l’entreprise a acheté ou loué le véhicule.

  • Identifiez la catégorie administrative, notamment la classification M1 lorsqu’il s’agit d’une voiture particulière.
  • Retenez la valeur d’émission homologuée selon la norme applicable, généralement WLTP pour les véhicules récents.
  • Rapprochez ces données du barème correspondant à l’exercice fiscal.
  • Demandez au loueur les éléments nécessaires lorsque la voiture n’est pas inscrite à l’actif.

La carte grise ne règle pas tous les cas. Les véhicules anciens, transformés ou issus d’une configuration particulière nécessitent parfois un contrôle du certificat de conformité et du dossier d’acquisition.

Un exemple concret de calcul de l’amortissement non déductible #

Prenons un véhicule thermique acheté 36 000 euros, émettant 120 g/km selon la norme WLTP. Le plafond retenu est de 18 300 euros. L’entreprise choisit une durée d’amortissement linéaire de cinq ans.

La dotation comptable annuelle s’élève à :

36 000 ÷ 5 = 7 200 euros

La fraction fiscalement déductible est calculée ainsi :

7 200 × 18 300 ÷ 36 000 = 3 660 euros environ.

La fraction non déductible atteint donc :

7 200 – 3 660 = 3 540 euros environ.

La comptabilité enregistre toujours 7 200 euros de dotation. Lors de la détermination du résultat fiscal, l’entreprise réintègre 3 540 euros. Seuls 3 660 euros réduisent le bénéfice imposable au titre de cette dotation.

La formule générale est la suivante :

Fraction déductible = dotation comptable annuelle × plafond fiscal ÷ prix d’acquisition.

Fraction non déductible = dotation comptable annuelle × (prix d’acquisition − plafond fiscal) ÷ prix d’acquisition.

Un prorata temporis s’applique si la mise en service intervient en cours d’exercice. Une cession anticipée ou une mise en service différée modifie aussi le calcul.

Véhicule électrique, hybride ou thermique : quel choix fiscal en 2026 ? #

Un véhicule électrique peut relever du plafond de 30 000 euros, mais cela ne rend pas automatiquement tout son prix déductible. Pour une voiture électrique facturée 42 000 euros et amortie sur cinq ans, la dotation annuelle atteint 8 400 euros. Avec un plafond de 30 000 euros, la part déductible est de 6 000 euros et la fraction à réintégrer de 2 400 euros par an.

Motorisation Plafond potentiel Points de contrôle
Électrique Jusqu’à 30 000 euros Émissions homologuées, batterie, aides et remise
Hybride rechargeable Jusqu’à 20 300 euros selon les émissions Valeur WLTP officielle, pas seulement la motorisation
Hybride non rechargeable Souvent 18 300 euros, selon le taux retenu Ne pas l’assimiler à un hybride rechargeable
Thermique fortement émetteur 9 900 euros dans la tranche concernée Réintégration potentiellement élevée

Le prix catalogue ne suffit donc pas. Il faut regarder la recharge, la valeur résiduelle, l’usage quotidien et les frais d’entretien. Une électrique chère, peu utilisée et difficile à recharger peut coûter davantage à l’entreprise qu’un modèle thermique plus modeste. Le calcul se fait avec des factures et des kilomètres, pas avec un slogan.

Location longue durée : le plafond s’applique-t-il aussi aux loyers ? #

La location ne fait pas disparaître la limitation fiscale. En LLD, en crédit-bail ou en location avec option d’achat, une fraction des loyers peut devenir non déductible lorsque le prix du véhicule dépasse la limite correspondant à ses émissions de CO2.

Pour une location de plus de trois mois ou un crédit-bail, le loueur communique chaque année au locataire la part du loyer correspondant à l’amortissement excédentaire. L’entreprise doit conserver les justificatifs et vérifier le traitement transmis. Le montant du loyer, la durée du contrat, le prix du véhicule et sa valeur de référence interviennent dans l’analyse.

Demandez donc un état détaillé au concessionnaire ou au loueur. Un contrat mensuel lisible ne dispense pas du suivi fiscal.

CarGo Flex et l’amortissement non déductible : ce que l’entreprise doit vérifier #

CarGo Flex propose aux professionnels une location de voitures par abonnement mensuel, avec une durée flexible, sans apport et une formule tout inclus. Pour une PME qui renouvelle ses véhicules à des dates différentes, ce format peut simplifier la lecture du budget et éviter de mobiliser une somme importante à l’achat.

La question fiscale reste toutefois présente. Pour toute location de plus de trois mois, le loueur communique chaque année au preneur la fraction de loyer non déductible. L’entreprise doit rapprocher cette information du contrat, du taux de CO2 et des écritures comptables. Les règles de l’administration restent la référence.

👉 Pour approfondir le calcul et retrouver les seuils par émission, consultez les plafonds d’amortissements non deductibles. Cette ressource est utile pour préparer un échange précis avec le cabinet comptable.

Les erreurs qui faussent le calcul fiscal #

  • Confondre puissance fiscale et émissions de CO2.
  • Utiliser le barème de l’année précédente.
  • Retenir une ancienne valeur NEDC pour un véhicule soumis à WLTP.
  • Considérer qu’une voiture électrique est intégralement déductible.
  • Appliquer le plafond électrique à tous les hybrides.
  • Oublier le prorata temporis de la première année.
  • Négliger la fraction non déductible des loyers.
  • Confondre amortissement fiscal et récupération de TVA.
  • Classer une voiture en utilitaire uniquement parce qu’elle sert aux déplacements professionnels.

Les véhicules utilitaires non soumis au même plafond doivent réellement répondre à la définition administrative et fiscale applicable. Un modèle dérivé d’une voiture particulière n’acquiert pas automatiquement ce statut.

La checklist avant de choisir votre prochain véhicule professionnel #

  • Taux de CO2 officiel et norme WLTP.
  • Date de première mise en circulation.
  • Date d’acquisition, de mise en service ou de début de location.
  • Catégorie administrative du véhicule.
  • Prix retenu pour le calcul fiscal, avec les équipements concernés.
  • Durée d’amortissement prévue et prorata éventuel.
  • Montant des loyers et part potentiellement non déductible.
  • Documents remis par le vendeur ou le loueur.
  • Traitement de la TVA, des batteries, des aides et des avantages en nature.

Achat, LLD ou abonnement : comment trancher ? #

Pour trancher entre achat, LLD et abonnement, comparez le coût comptable, la part réintégrée et la trésorerie mobilisée. Faites le même exercice sur cinq ans pour chaque véhicule : prix ou loyers, entretien, recharge, assurance, valeur résiduelle et impact fiscal.

Avant toute décision, transmettez au comptable les émissions homologuées, le contrat et le calendrier de mise à disposition. C’est ce rapprochement entre chiffres de flotte et résultat fiscal qui évite les mauvaises surprises.

🎯 À retenir

  • Fraction non déductible = dotation annuelle × (prix TTC − plafond) ÷ prix TTC.
  • Les seuils 60, 130 ou 155 g/km appartiennent à l’ancien barème NEDC : ne les appliquez pas à un véhicule WLTP.
  • Une voiture électrique n’est pas intégralement déductible : son plafond est de 30 000 euros.
  • Pour un véhicule loué, rapprochez chaque année le montant communiqué par le loueur de vos écritures.

Questions fréquentes #

Quel est le plafond d’amortissement d’une voiture de société en 2026 ?

Pour un véhicule WLTP, il est de 30 000 euros sous 20 g/km de CO₂, 20 300 euros de 20 à moins de 50 g/km, 18 300 euros de 50 à 160 g/km et 9 900 euros au-delà de 160 g/km.

Où réintègre-t-on l’amortissement non déductible ?

Sur le tableau 2058-A de la liasse fiscale, en réintégration extra-comptable. La charge reste inscrite en comptabilité.

Le plafond s’applique-t-il aux voitures en location ?

Oui, pour une location de plus de trois mois ou un crédit-bail : la part du loyer qui correspond à l’amortissement au-delà du plafond n’est pas déductible. Le loueur communique ce montant chaque année.

Quels véhicules échappent au plafond ?

Les véhicules nécessaires à l’activité elle-même, comme ceux des taxis, des loueurs, des auto-écoles ou des entreprises de transport.

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